Fondée en 1975 par Paul Marin, aujourd'hui disparu, La Lupinelle, s’est organisée en Association-loi de 1901- en 1976.

 

Le projet initial du fondateur était de privilégier l’exploration de la plus grande variété possible d’œuvres, classiques au sens le plus large, soit « a cappella » soit avec accompagnement de quelques instruments au plus.
 

Tout en restant fidèles à cet esprit, et grâce à une sensible augmentation des effectifs, ses successeurs, en améliorant la qualité vocale du chœur et par des opérations d’association avec d’autres chorales, ont aussi permis à La Lupinelle de participer à de grandes œuvres du répertoire : Requiem de Gilles, chœurs d’opéras de Mozart, Aïda de Verdi en version de concert, Messa di gloria de Puccini….

 

En particulier, Denis Rouger et La Lupinelle ont été retenus en 1991, avec trois autres chœurs, pour participer à une «  Master Class » d’Andrea Giorgi, alors chef des chœurs de l’opéra de Paris, avec le Requiem de Verdi. Cette master class s’est achevée par la présentation de trois concerts, dont un à Notre-Dame de Paris, avec l’Orchestre National d’Ile de France dirigé par Jacques Mercier et avec, en solistes : Françoise Pollet, Béatrice Uria-Monzon, Jean-Luc Viala et Lazlo Polgar.

 

Pour célébrer son vingtième anniversaire, en 1996 , La Lupinelle, accompagnée par l’orchestre UT Vème dirigé par Didier Talpain, a donné le Requiem de Mozart devant plus de 550 spectateurs avec, en solistes, Corinne Laporte, Sylvie Deguy, Stuart Patterson et Jean-Louis Jardon.

 

En 1998, cette fois avec l’Orchestre des Universités de Paris-Jussieu dirigé par Boris de Vinogradow et Jean-Louis Jardon en baryton solo, La Lupinelle a chanté « Une Cantate de Noël » d’Arthur Honegger.

 

En juin 2000 le chœur se produit à Paris et Boulogne-Billancourt avec l’Orchestre Symphonique Paris Rive Droite, dirigé alors par Marc Patard, dans la Missa Solemnis en Ut mineur dite «  de l’orphelinat » de Mozart.

 

En 1999 La Lupinelle a noué des contacts amicaux avec la «  Fulham and Hammersmith Choral Society » (FHCS) basée à Hammersmith quartier de Londres jumelé avec Boulogne-Billancourt. La chorale anglaise est venue à Boulogne en septembre 2000 et un concert commun a été organisé à l’auditorium du Centre Culturel de Boulogne-Billancourt. La Lupinelle s’est ensuite rendue en Angleterre en septembre 2001 pour y chanter, seule, des pièces de Fauré et, avec FHCS, la messe « Nelson » de Haydn.

 

Le Requiem de Mozart a été, de nouveau, chanté en décembre 2001 avec l’orchestre «La Symphonie du Trocadéro » à Paris (église Notre-Dame-du-Travail) et à Boulogne-Billancourt puis en mai 2002 avec l’Orchestre Symphonique des Jeunes en Ile de France (OSJIF) au Centre Culturel Alain Poher d’Ablon sur Seine.

 

Après Hammersmith La Lupinelle s’est rapprochée du chœur Bononia de Boulogne-sur-mer, en quelque sorte marraine historique de Boulogne-Billancourt, ce qui a donné l’occasion d’un concert commun à Boulogne-sur-mer en juin 2003 au cours duquel La Lupinelle a présenté des pièces pour chœur et piano de Gabriel Fauré et des œuvres a cappella de Francis Poulenc.

 

En 2004 La Lupinelle a retrouvé à nouveau l’Orchestre Symphonique Paris Rive Droite et Mozart pour la Messe du Couronnement présentée à Boulogne-Billancourt et à Paris (Cathédrale Sainte-Croix des Arméniens de Paris).

 

L’année 2005 a marqué l’apothéose des relations amicales avec les chorales d’Hammersmith et de Boulogne-sur-mer puisque toutes deux se sont retrouvées le 28 mai à Boulogne-Billancourt pour un concert regroupant les trois chorales et comprenant la messe « Nelson » de Haydn et le Requiem de Fauré accompagnés par la Symphonie de Trocadéro sous la direction de Frédéric de La Grandville. Le même programme , La Lupinelle étant cette fois renforcée par l’Ensemble Vocal des Hauts-de-Seine pour le Requiem de Fauré, a été présenté le 11 juin en l’église Saint-Honoré d’Eylau à Paris dans le cadre de « Juin à Paris, Un mois dans le 16è ».

 

ORIGINE DU NOM : «  LA LUPINELLE »

Paul Marin, qui a fondé La Lupinelle en 1976, a trouvé ce mot dans un poème intitulé « Pastourelle » de Jean (Jehan ?) Erars (Erard ?), trouvère d’Arras, dont la première strophe seulement est recopiée ci-après avec sa traduction par André Maury (Anthologie poétique française chez Garnier-Flammarion-1967).

 

PASTOURELLE 

De pascour un jor erroie

Joste un bos les uns larris ;

Truis pastoreaus aatis,

Dient k’il feront grant joie,

Et si averont frestel,

Pipe et muse et chalemel,

S’amie chascuns amis,

Et si iert la gaite Guis

Notant de la lupinelle :

Dodododo dodododo

Dodododo dodododo

Dododo dodelle.

Un jour de Pâques j’errais 

dans une lande près d’un bois.

Je trouvai des pastoureaux empressés ;

ils disent qu’ils feront grande fête

et qu’ils auront flageolet,

pipe et musette et chalumeau,

et chaque ami aura sa mie,

Gui sera la sentinelle

Jouant de la petite flûte :

dodododo dodododo

dodododo dodododo

dododo dodelle

 

Ceci étant aucune trace de ce mot et de cette signification n’a pu être trouvée dans les nombreux ouvrages consultés : encyclopédies, musicales ou non, dictionnaires, livres sur les instruments de musique, etc.Depuis lors nous mentionnons toujours, sur la foi de cette traduction, que la lupinelle est « une petite flûte en usage au moyen-âge ».

 

Frédéric de la Grandville a trouvé l’extrait suivant qui tend à prouver que le poème était aussi chanté :

 

Jehan Erars (ou Erart) : vers 1205 – 1258 ou 1259. En rapport avec le Puy d’Arras. Il nous reste environ 25 de ses mélodies.


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Mais :

 

  1. Sur le CD « Printemps des Plaisirs au Moyen-Âge » par les groupes Perceval et Sanacoré, paru en 1999 on trouve « En pascour un jor erroie ». Dans le livret d’accompagnement, Guy Robert, traducteur, écrit que la « lopinelle » est un « instrument de musique peu identifiable (Godefroy). Le personnage du guetteur-garde champêtre formant un des éléments comiques de la chanson, il pourrait aussi s ‘agir d’un jeu de mot avec « lope »-grimace ou avec « lopiner »-casser une croûte. » !!

  2. Pierre Bec, spécialiste des instruments du Moyen-Âge, qui a collaboré à ce disque et que nous avons consulté, nous a écrit après avoir étudié le fac-similé d’un manuscrit du poème conservé à la bibliothèque Estense de Modène et dans lequel il apparaît tantôt « notant » de la lupinelle -noter pouvant dire aussi bien jouer que copier de notes- tantôt « musant » de la lupinelle : « Il semble bien, si mon hypothèse est juste, que le terme de lupinelle ne renvoie pas à une quelconque « petite flûte » mais bien à un instrument du type cornemuse. »

 

Alors que faut-il en penser ? En attendant une preuve irréfutable que la Lupinelle est une cornemuse nous continuerons à propager l’idée que c’est… « une petite flûte en usage au Moyen-Âge » !!!

 

Jean BILLORÉ